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Goût amer

by Webeditor last modified 2008-01-04 09:41

La vérité dérangeante sur l’approbation de l’Organisation Mondiale de la Santé concernant l’irradiation des aliments

L’Organisation Mondiale de la Santé est l’agence la plus influente et la plus importante en son genre. Créée en 1948 par les Nations–Unies, l’OMS a pour mission, rien de moins que celle de préserver la santé de la population mondiale –– « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »1.

L’OMS, dont le siège est à Genève, comprenait à sa création 61 Etats membres. Elle compte aujourd’hui 193 pays –– de l’Algérie au Zimbabwe ––, plus de 100 programmes incluant pratiquement tous les problèmes de santé imaginables –– de l’anthrax au problème de santé sexuelle et reproductive chez l’adolescent, de la déficience en vitamine A aux violences faites contre les femmes2.

Quand l’Organisation Mondiale de la Santé parle, le monde écoute.

En 1999, l’OMS annonçait que tous les aliments pouvaient être « traités » par rayons ionisants et restaient sûrs la consommation humaine. Les aliments pouvaient donc être exposés à un rayonnement gamma de très haute énergie (directement issu de Colbalt–60 ou de Cesium–137) ou à un faisceau d’électrons frôlant la vitesse de la lumière émis par des irradiateurs linéaires. Ce rayonnement peut atteindre l’équivalent de plusieurs milliards de rayon X. Cependant, l’OMS affirmait que les aliments traités par un tel rayonnement « ne faisaient courir aucun risque toxicologique »3.

Largement basé sur ces recherches, la Commission du Codex Alimentarius statuait en juillet 2003 que tout aliment pouvait être irradié quelle que soit la dose –– sans restriction –– et qu’il restait sûr à la consommation. Les décisions du Codex qui établissent les normes de sécurité sanitaire pour plus de 160 pays sont applicables par l’Organisation Mondiale du Commerce.

L’irradiation est un traitement à usages multiples. Il permet de tuer les bactéries telles que les E.coli, Salmonella, Listeria et d’autres pathogènes contenus dans les aliments ; d’éradiquer les mouches à fruits et d’autres parasites. Il est également utilisé pour retarder le mûrissement de la viande, des fruits et légumes. L’OMS et le Codex ont ainsi la possibilité de modifier radicalement les modes de production, de distribution et de vente à travers le monde.

Une totale rupture

Dans le processus mis en place pour évaluer la sureté des aliments irradiés, l’OMS a–t–elle réellement respectée sa mission de protection de la santé de la population mondiale?

radura symbolComment l’OMS a pu déclarer les aliments irradiés comme sains, alors que les tests montraient que les animaux consommant des aliments irradiés souffraient de dizaines de problème de santé, dont des morts prématurées, des mutations et d’autres anomalies génétiques, des morts de fœtus, des hémorragies internes mortelles, des déprédations organiques, des tumeurs, des problèmes de croissance et des carences nutritionnelles4?

L’évaluation de l’OMS a–t–elle été menée de manière indépendante, non soumise aux efforts pour encourager la légalisation et la commercialisation des aliments irradiés?

L’analyse de l’OMS n’était–elle pas biaisée par des pressions pour donner un nouveau souffle à l’industrie nucléaire en difficulté?

Ces questions ouvrent la voie à des réponses perturbantes. Et ces réponses remettent en cause non seulement la fiabilité de l’approbation de l’OMS, mais la crédibilité de l’agence elle–même.

Une étude en profondeur de l’action de l’OMS, depuis plus de 40 ans, pour évaluer la sureté des aliments irradiés révèle les faits suivants :

  • l’OMS a joué un rôle clé dans l’abandon du programme initial de recherches co–proposé en 1961, qui recommandait de poursuivre les expérimentations sur la sécurité et la valeur nutritive des aliments irradiés. Elles devaient per-mettre de détecter la toxicité ou la radioactivité des aliments irradiés, et sur la possibilité qu’ils puissent être à l’origine de cancer ou de carences nutritionnelles, et qui plus est sur la possibilité que les experts scientifiques aient assez d’élément pour répondre à ces questions fondamentales. L’OMS n’a jamais mené la plupart de ces recherches.
  • L’OMS a cédé énormément de pouvoir à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont la mission est de préserver l’industrie nucléaire, et certainement pas la santé des populations. En 1959, l’OMS a signé un accord laissant à l’AIEA « la principale responsabilité » dans la recherche sur la sécurité des aliments irradiés. Depuis, l’AIEA a largement exercé ce pouvoir. Elle a publié 19 des 29 principaux rapports internationaux sur l’irradiation des aliments depuis 1962, et seulement 4 de ces rapports ont été publiés entre 1973 et 1993. Ces derniers rapports menaient à la conclusion que tout aliment pouvait sainement être irradié quelle que soit la dose.
  • L’OMS laissant à l’AIEA le rôle moteur, cette dernière a mené une campagne en faveur de la légalisation, de la commercialisation et de l’acceptation par les consommateurs des aliments irradiés à travers le monde. Afin d’atteindre cet objectif, l’AIEA a publié les 8 principaux rapports internationaux relatifs à ces questions. Une de ces publications déclare : « nous devons travailler avec des experts en marketing et en psychologie sur les moyens de rassurer le public... Tout mot ou expression contenant les termes « irradiation » ou « irradié »… devrait être pas apparaître sur l’étiquetage5.
  • L’OMS a contribué à écarter et à minimiser les preuves montrant que les aliments irradiés pourraient ne pas être sûrs pour la consommation humaine. L’OMS, avec l’appui de l’AIEA et l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), ont affirmé à propos des recherches qui révélaient des problèmes de santé sur des animaux nourris avec des aliments irradiés, que ces problèmes ne pouvaient être attribués à l’irradiation. De plus, des recherches montrant les effets inverses, que l’OMS, l’AIEA et la FAO initialement revendiquaient, ont été omises des rapports clés.
  • L’OMS a contribué à écarter des indices récents selon lesquels un produit dérivé nouveau formé dans les aliments ir-radiés était facteur de cancer, de tumeur et d’anomalies génétiques chez les rats, et pouvait entraîner des dépréda-tions génétiques dans les cellules humaines. Ce produit chimique, appelé 2–alkycyclobutanone (2–ACBs) , ne se trouve jamais naturellement dans un aliment. Ainsi, un chercheur reconnu de l’Armée américaine affirmait à tort dans une publication de l’AIEA en 1989 qu’un tel produit chimique n’avait jamais été détecté dans les aliments irradiés.


Il faut agir vite en diffusant largement l’information afin d’assurer que la prolifération des aliments irradiés à travers le monde ne mette pas en danger la santé des consommateurs. En affirmant, malgré les nombreuses preuves soutenant le contraire, que les aliments irradiés n’étaient pas dangereux pour la santé humaine, l’OMS a manqué à sa mission qui pourrait mettre en danger la santé de millions de personnes dans plus de 50 pays où ces produits sont vendus en toute légalité.

ecoalerte 2005
Ecoalerte: action contre l’irradiation des aliments
en novembre 2005 à Aix en Provence.

Poser le problème

Du fait de l’irrégularité intervenue dans le processus par lequel l’OMS, l’AIEA et la FAO ont validé l’irradiation des aliments, Food & Water Watch Europe fait les recommandations suivantes :

  • l’OMS, l’AIEA et la FAC devraient sans délai mettre en place un moratoire sur toute nouvelle recommandation à accroître l’irradiation des aliments.
  • L’accord de 1959 de l’OMS qui donne à l’AIEA la « responsabilité principale » en matière de recherche et développement sur les technologies nucléaires devrait être dissout.
  • L’OMS, l’AIEA et la FAO devraient sans délai retirer les conclusions et suspendre les recommandations du rapport de 1999, « Irradiation à haute dose : valeur nutritionnelle des aliments irradiés à des doses supérieures à 10kGy », qui appuie l’irradiation pour tous les aliments et quelle que soit la dose –– sans restriction. Ces agences devraient informer tous les Etats membres de cette action et recommander qu’ils cessent toute forme d’irradiation des ali-ments.
  • L’OMS devrait sans délai conduire et encourager la publication de recherche sur la sureté et la valeur nutritionnelle des aliments irradiés dans l’esprit la ligne de ce qui avait été décidé lors de la rencontre FAO /AIEA/OMS en 1961 à Bruxelles. Des recherches devraient aussi être conduites sur la toxicité du cyclobutanone et sur la formation ou la concentration anormale de substances chimiques telles que le benzène, toluène et methylethylketone, connues ou suspectées à la formation de cancer, problème à la naissance, etc.
  • Les Nations–Unies devraient sans délai saisir un groupe indépendant d’experts dans les domaines de la toxicologie, des sciences alimentaires, de la chimie de la radiation, de la nutrition et d’autres domaines compétents pour mener une étude globale sur les activités de l’OMS, l’AIEA et la FAO en terme d’irradiation des aliments. Ce groupe devrait reprendre toutes leurs publications afin d’identifier et relever toutes les données inexactes, incomplètes ou manquantes sur l’irradiation des aliments. Ce groupe indépendant devrait également mener des investigations sur le rôle de l’AIEA dans le processus d’approbation de l’irradiation des aliments et si l’AIEA, en analysant la sureté des aliments a corrompu le processus. Réunions, recherches et données doivent être publiques.

 

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